Alcool, sexe et CULpabilité
Il vous arrive souvent de sortir, le soir, dans des endroits où l’activité préférée des clients se résume à boire le plus de verres possibles en donnant un avis sur l’existence, dans sa généralité la plus floue. Parfois, tandis que l’heure de fermeture s’approche, vous croisez le regard rougi d’une fille qui a l’air a priori d’accord avec l’idée que vous vous faites d’une fin de nuit sympa. Vous rentrez alors ensemble, titubants, et vous vous retrouvez dans un appartement que vous ne connaissez pas. Tant bien que mal, vous tentez de baiser. Deux possibilités, alors.
First : malgré l’alcool, vous parvenez à bander, et le seul objectif de votre nuit sera de faire des choses très sales sans vous prendre la tête - choses que vous vous refusez habituellement de faire, parce que vous trouvez que la personne humaine est malgré tout respectable. Seconde possibilité : vous n’arrivez à rien, et l’alcool, la tête qui tourne, l’idée de ne pas assurer, ce lieu inconnu, l’accent québécois de cette jeune personne qui vous déclare Break-moi ben tout inside, tout cela vous met grandement mal à l’aise, et vous décidez de dormir, en attendant le lendemain qui mettra un terme à vos ronflements de gentleman. Le matin arrivera, et après avoir avalé quelques pancakes au sirop d’érable, vous repartirez chez vous, la conscience en berne et la bouche polluée par le bon goût de la culpabilité. Ô, triste moi, qui ne suis qu’un profiteur, qu’un minable, qu’un sans classe etc.
Que faire, pour qu’une telle situation ne se reproduise pas ? Pas de panique, mes enfants. Encore une fois, le père Rondeau est là, avec ses conseils et ses connaissances en sexe, en morale et en soulographie.
Avant la nuit : cette phase est sans aucun doute la plus déterminante. Le choix de l’alcool ingurgité est en effet essentiel, dans l’optique d’une fermeté érectile absolue. Évitez les alcools lourds et soporifiques - vin rouge, cognac, et autres digestifs. Refusez absolument les nouveaux produits dopants - red bull etc. Si ces derniers peuvent vous aider à tenir le coup, ils sont la honte du règne éthylique. Misez tout sur un breuvage que j’ai de nombreuses fois essayé, après l’avoir mis au point, un jour débauche. Le BVC - bière, vodka, champagne - vous apportera énergie (la force du champagne), perte totale des valeurs morales (la bière d’abbaye), et haleine neutre (vodka). Le BVC, c’est la fin des bites molles. Un gros problème de régler.
Pendant la nuit : le problème majeur ayant été préalablement réglé, vous avez le droit de faire ce que vous voulez. Les questions se poseront le lendemain.
Le matin : vous vous réveillez dans une drôle d’ambiance. Le matelas est humide de différentes sortes de sécrétions corporelles. Le corps nu de votre voisine semble aussi collant que le vôtre. L’odeur n’est pas géniale. Vous avez mal au crâne. Conseil numéro 1 : mettez votre réveil très tôt et partez dès qu’il sonne, cela vous évitera de devoir faire la conversation à une étrangère. Conseil numéro 2 : ne culpabilisez pas. Dieu est pardon, donc pas de crise éthique ridicule. Après tout, deux êtres inconscients qui couchent ensemble, cela ne peut être considéré comme une situation de viol. Deux inconscients valent un consentant. Tout va donc très bien. Enfin, si le carcan moral vous pèse trop, si quelques flashs vous reviennent comme autant d’échos d’une conscience vaporeuse, rien ne vous empêche de vous peinturlurer de nouveau la gueule, afin de tout oublier. Le sentiment de culpabilité ne résiste pas au pouvoir de l’alcool. Dieu vous pardonne. Moi avec lui.
Quant à la pauvre délaissée, vous vous contenterez comme il se doit de prier pour son âme. Que peut-elle attendre de mieux d’une étoile filante comme vous ? Rien, en fait. Affirmons-le, mes amis : le cul sans lendemain est une activité d’anges. Amen.
C.CUL.F.D









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